10 astuces pour réduire son exposition à la toxicité du plastique

Je souhaitais aborder un sujet sanitaire vraiment préoccupant ici. Le cas du plastique dans nos produits du quotidien. Vous n’êtes pas sans savoir que le plastique nous a littéralement envahi depuis les années 50. Alors oui, on pense bien évidemment aux montagnes de déchets générés dans le monde et qui polluent considérablement l’environnement et notre planète. Coucou le 7ème continent au milieu du Pacifique ! Mais il y a aussi l’impact du plastique sur notre santé. Et celui-ci est invisible.

On ne le sait pas forcément, mais de nombreuses substances chimiques (phtalates, bisphénols…) sont ajoutées aux plastiques au cours de leur fabrication pour leur donner des propriétés spécifiques (couleur, élasticité, transparence, etc). Mais différentes études ont démontré que ces agents migrent dans les aliments ou cosmétiques qu’ils contiennent, puis dans notre corps, provoquant de graves problèmes de santé…

Le but de cet article n’est pas de parler de tous les éléments chimiques qui posent problème mais d’évoquer plus généralement la question de la toxicité du plastique présent dans nos produits et objets du quotidien et son impact sur nos organismes.

Car j’ai l’impression que l’on nous parle plus souvent de l’impact environnemental  du plastique : les déchets qu’il génère dans le monde, le temps qu’il va mettre à se dégrader (comptez entre 100 et 1000 ans pour une bouteille en plastique – Source Futura Sciences). On mentionne aussi bien sûr que le plastique est issu du pétrole, énergie fossile extrêmement polluante à extraire. Mais j’ai le sentiment qu’on évoque un peu moins les risques sanitaires. Même les arguments du mouvement Zéro-déchet mettent en priorité l’accent sur la pollution plastique et un peu moins sur la toxicité de ce matériau.

Afin d’éviter que cet article ne se transforme en thèse… J’ai donc choisi de me limiter ici aux cas des phtalates et du bisphénol, dont vous avez probablement déjà entendu parler ces dernières années dans la presse. En fait, ces deux substances ont une configuration voisine de celle des hormones. Elles peuvent ainsi modifier notre équilibre hormonal, on parle alors de perturbateurs endocriniens (Source : Le Figaro). Pour plus d’infos sur les perturbateurs endocriniens, je vous invite à lire cet article de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).

Allez, on fait le point !

1. Le bisphénol

Zoom sur le bisphénol A, plus communément connu sous le nom de BPA. Il s’agit d’une substance de synthèse utilisée dans certains plastiques rigides et résines que l’on retrouve dans de nombreux produits du quotidien. Voici ici une liste non exhaustive :

  • Récipients à usage alimentaire (bouteilles en plastique, conserves d’aliments, canettes…)
  • Biberons, jouets pour enfants
  • Tickets de caisse
  • Retardateurs de flamme (matelas, canapés, électronique…)
  • Appareils électroménagers
  • Câbles, mastics, adhésifs…
  • Matériel d’installation électrique
  • Verres de lunette

L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation) a identifié, en France, près d’une soixantaine de secteurs d’activité potentiellement utilisateurs de cette substance (Sources : ANSES et Ministère de la transition écologique et solidaire). Comme je l’indiquais au début de cet article, un grand nombre d’études scientifiques ont montré des liens entre le BPA et de graves problèmes de santé tels que :

Où en est-on côté législation ?

Conformément à la loi de décembre 2012, le bispéhnol A est interdit en France dans les contenants alimentaires pour bébés depuis le 1er janvier 2013, et il est banni de tout autre conditionnement, contenant ou ustensile destiné à entrer en contact avec des denrées alimentaires, ainsi que dans les tickets de caisse depuis le 1er janvier 2015. En 2017, le comité des États membres de l’Agence européenne des produits chimiques a reconnu le bisphénol A comme « perturbateur endocrinien ». (Sources : ANSES et Ministère de la transition écologique et solidaire).

Oui, mais !

Malgré cette législation, le bisphénol est toujours présent en France dans 90 % de nos tickets de caisse (Source : magazine Parents). Le bisphénol S, censé remplacer le bisphénol A, ne serait pas sans risque pour la santé (Source : LCI et Top Santé). D’ailleurs l’ANSES, en l’absence de données scientifiques complémentaires, « n’encourage pas à utiliser d’autres bisphénols comme solution de substitution au bisphénol A ». Et puis, un tiers des produits chimiques importés ou produits en Europe (bisphénol et phtalates) viole allègrement les lois européennes qui visent à protéger les usagers et l’environnement (Source : La Tribune).

Tout ça est vraiment réjouissant, n’est ce pas ?
Allez, on passe aux phtalates…

2. Les phtalates

Les phtalates sont des produits de la chimie industrielle présents dans de nombreux objets du quotidien et sont globalement utilisés dans beaucoup de plastifiants. Il existe des dizaines de types de phtalates différents, qu’on trouve par exemple dans :

  • les produits en PVC : emballages alimentaires et imperméables, stylos, câbles, adhésifs…
  • le revêtements des murs. Certaines fenêtres en PVC peuvent émettre des esters de phtalates.
  • l’industrie cosmétique : vernis à ongles, laque pour cheveux, parfums, shampoings…(Source : Geo et Reporterre)
  • les dispositifs médicaux (Source : LCI)
  • les protections périodiques (Source : Sud Ouest)

Ils sont liés à de nombreux problèmes de santé tels que :

  • les cancers hormono-dépendants  (Source : Science et Avenir)
  • les troubles métaboliques : diabètes et obésité (Source : France Inter)
  • l’infertilité, les effets sur la thyroïde (Source : LCI et Top Santé)
  • les désordres neurodégénératifs (Alzheimer, Parkinson) et neuro-développementaux (comme les troubles autistiques et THDA) (Source : La Tribune)
  • l’hyperactivité, les troubles émotionnels chez les petits garçons (Source : Le Monde)
  • les risques de fausse couche (Source : Futura Science)

Et côté réglementation ?

Je ne vais pas vous détailler toutes les mesures de précaution voire d’interdiction prises ces dernières années au sujet des phtalates car c’est un peu long. Mais cet article du Figaro résume bien ce qui a été mis en place. Cependant, sachez qu’une réglementation existe au sujet : des jouets et articles de puériculture, des produits cosmétiques, des produits alimentaires et des dispositifs médicaux…

Oui mais !

Selon cet article du Monde datant de 2018, 20 % des jouets testés contiennent des phtalates interdits selon l’Agence européenne des produits chimiques. En 2019, les résultats d’analyses réalisées sur des citoyens volontaires permettent de détecter des traces de phtalates dans leurs cheveux (Source : France 3 Occitanie). Bien, bien…

Allez, on va essayer de rester positif et de passer aux solutions, hein ?

10 conseils pour éviter une contamination au plastique

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de réduire son exposition à toutes ces substances chimiques en changeant petit à petit ses habitudes.

1. Favoriser le plus possible les produits sans plastique

Dans un monde idéal, on se débarrasserait tous de nos produits plastique du jour au lendemain. Mais voilà, pour évacuer le plastique dans nos maisons, ça prend du temps et de l’argent. En attendant, pour faire le tri, il est possible d’identifier les différents plastiques grâce au code d’identification des résines. Il est souvent imprimé sur le contenant/objet et entouré des trois flèches de recyclage.

(Source images : Wikipédia)

Les bisphénols se retrouvent sous le numéro 7 (PET ou PETE ou polyester), tandis que les phtalates sous le numéro 3 (PVC). Mais ce ne sont pas les seuls plastiques à bannir. Les numéros 1 et 6 (polystyrène) posent également problème. Le 1 en libérant notamment de l’antimoine et des phtalates, et le 6, en contenant du styrène, probablement cancérigène. Pour plus d’infos sur les types de plastique, je vous invite à lire le compte-rendu (en français) très détaillé du site canadien Life Without Plastic. Mais pour être sûr d’éviter les bisphénols, phtalates et autres substances nocives, le mieux est de ne plus consommer de plastiques du tout !

2. Éviter les contenants, ustensiles de cuisine en plastique et les poêles anti-adhésives

Pour conserver et réchauffer les aliments, il est préférable de privilégier des récipients aux matériaux inertes comme le verre, l’inox et le bois (brut non traité), beaucoup plus sains. Côté poêles, on évite les modèles anti-adhésifs (type Teflon) qui émettraient des substances toxiques et contiendraient des éléments nocifs considérés comme perturbateurs endocriniens. On sélectionne plutôt une poêle en inox 18/10, en fonte, ou en tôle d’acier, comme les chefs ! (Sources : Futura Sciences et La Ruche qui dit oui)

3. Oublier les conserves, les canettes et préférer les bocaux en verre

Vous l’avez compris, il vaut mieux se procurer des aliments dans des bocaux en verre que dans des canettes et conserves afin d’éviter une contamination au  plastique. Le bisphénol étant un composant de la résine epoxy, un vernis appliqué par chauffage à l’intérieur des boîtes de conserve métalliques afin de garantir leur étanchéité (Source Le Figaro). Les bocaux sont légèrement plus chers, mais vous protégez votre santé. De plus, vous pouvez réutiliser les pots pour ranger d’autres choses !

4. Préférer les denrées sèches et les produits frais

Après les bocaux, on passe au niveau supérieur : acheter des aliments secs. Haricots, pois chiches, lentilles… ces produits secs vous donneront peut-être un peu plus de travail côté préparation, mais le goût sera à coup sûr différent ! Côté fruits et légumes, vous pouvez les manger frais. De cette façon, on évite beaucoup d’aliments transformés, d’exposition aux substances toxiques et de déchets inutiles.

5. Éviter les repas à l’extérieur

Des études ont démontré que les personnes qui prennent davantage de repas à l’extérieur présentent des taux de BPA plus élevés. Afin de réduire votre exposition, il est préconisé de cuisiner plus souvent chez soi et d’opter si possible pour des produits frais.  (Source : Top Santé)

6. Ne pas chauffer les aliments dans leurs récipients en plastique

Il est recommandé de ne réchauffer aucun plastique au micro-onde, même si l’étiquette indique le contraire. La combinaison du micro-onde et du plastique contribue à la migration des substances toxiques. Le BPA est connu pour migrer dans les aliments sous l’effet de la chaleur (Source : Le Point).

7. Bannissez la vaisselle jetable

En investissant tout simplement dans de la vraie vaisselle, lavable et réutilisable à souhait ! Pour les repas en extérieur, il existe aujourd’hui de la vaisselle en inox ou en verre très pratique. De quoi réaliser un pique-nique sans plastique et par conséquent, sans produits toxiques.

8. Pour les boissons, préférer le verre ou l’acier inoxydable

Utilisez une bouteille d’eau en verre ou en acier inoxydable. Vive les carafes et les gourdes réutilisables ! Conseil : récupérez les bouteilles de jus de fruit en verre. C’est pratique et ça ne coûte rien (j’en parlais ici).

9. Boire son café et son thé à l’ancienne

Les cafetières électriques peuvent contenir du BPA et des phtalates dans leurs bacs plastique et leurs tubulures. Il est préférable d’utiliser plutôt une cafetière à piston en verre ou italienne en inox. (Source : ConsoGlobe) Pour le thé, rien de tel qu’une casserole inox (sans Teflon) pour faire chauffer l’eau ou une bouilloire avec intérieur 100% inox.

10. Aller à l’essentiel côté cosmétiques et produits d’entretien

On essaie de réduire le nombre de produits chez soi en optant pour des formules sans emballage plastique, comme les savons et les shampoings solides ou en misant sur des cosmétiques sans trop d’ingrédients toxiques (plus d’infos dans mes anciens articles consacrés à ma routine peau et mes habitudes capillaires). Pour l’entretien de votre intérieur, il est possible de nettoyer sa maison simplement avec quelques produits comme du bicarbonate de soude, du savon noir, du vinaigre blanc, du savon de Marseille, etc. Vous pouvez aussi faire vos propres cosmétiques et détergents ! Retrouvez par exemple ma recette de lessive ici.

Voilà, j’espère que ces quelques astuces vous permettront de réduire facilement votre exposition à la toxicité du plastique. En adoptant petit à petit ces habitudes, votre corps, votre famille et bien sûr la planète vous remercieront pour tous ces efforts !

Et vous comment faites-vous pour éviter le plastique ? Avez vous d’autres astuces à partager ?

6 commentaires sur “10 astuces pour réduire son exposition à la toxicité du plastique

  1. Coucou, quel article instructif mais qui fait peur! ^^

    Personnellement, j’avais choisi de m’éloigner du plastique pour des raisons écologiques mais n’avais jamais réfléchi à ma santé en fait.
    J’ai donc commencé par faire mes courses en vrac et à manger beaucoup de fait maison.
    Je n’utilise presque jamais de vaisselle jetable et suis passée à des produits d’entretien maison que je mets dans des bocaux en verre.

    Le midi, au travail, j’amène ma gourde en inox et mon plat que j’ai moi-même préparé. Malheureusement le contenant est en plastique (Tupperware), j’hésite donc à passer à du verre.

    Bisous

    • Léa Pilea

      Bonjour Laurie ! Merci pour ton commentaire et retour d’expérience.
      Oui c’est vrai que c’est effrayant… Heureusement, il est possible de changer ses habitudes et de remplacer certains produits petit à petit 😉
      Bonne continuation et à bientôt 🙂

  2. Catherine

    Très bon article Léa. Merci! Si seulement tout le monde pouvait le lire et passer à l’action, sans plus attendre.

  3. cat.batt

    Merci pour ce super article très complet, en particulier pour ce qui concerne le teflon, je vais pouvoir avoir plus d’arguments auprès de ma famille.
    J’avais réussi a leur faire intégrer qu’il ne faut surtout pas utiliser un ustensile avec revêtement teflon abîmé, je vais passer à la vitesse supérieur!

    • Léa Pilea

      Tant mieux ! Merci beaucoup pour ce gentil commentaire 🙂

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